Hotel España

1903

En 1903, l'architecte Domènech i Montaner se voit chargé de la décoration de la Fonda España, travail qui va gagner le prix de la mairie au meilleur établissement. À l'intérieur, on a conservé intacts certains des salons, avec les rampes de bois et de céramique aux motifs héraldiques, la peinture murale reprenant des thèmes marins, et les éléments ornementaux généraux. C'est ainsi qu'il convient de remarquer dans l'un des salons intérieurs la cheminée d'albâtre modelée en 1901 par le sculpteur Eusebi Arnau.

L'un de ses établissements les plus traditionnels. l'intérêt architectural de cet hôtel, qui en son temps de splendeur hébergea le héros national philippin José Rizal, réside dans ses salons, décorés en 1902-1903 par l'un des pères du Modernisme, Lluís Domènech i Montaner. Pour l'Hotel España, Domènech i Montaner disposa de la collaboration de deux grands maîtres des arts plastiques de l'époque, le sculpteur Eusebi Arnau et le peintre Ramon Casas. Eusebi Arnau est l'auteur de la splendide cheminée d'albâtre de l'une des salles à manger, visible depuis la rue, alors que Ramon Casas se responsabilisa des sgraffites marins de la salle à manger intérieure, dans laquelle on remarquera aussi une claire-voie à caissons laissant filtrer une lumière très diffuse qui rehausse l'effet des sgraffites de Casas. Domènech i Montaner arrondit l'ensemble avec deux ingénieux éléments de revêtement de bois. l'un d'entre eux, de conception très soignée, est décoré de médaillons de céramique bleutée qui représentent les provinces espagnoles, alors que le second, de type romain, est centré sur des thèmes floraux (Pour davantage d'information, voir On sort, guide des bars et restaurants modernistes). En 2010, le Groupe Cadarso, propriétaire de l’hôtel, réalisa une profonde réforme avec les architectes Carlos Bassó et Tote Moreno, ainsi que l’architecte d’intérieur Mercè Borrell. Le résultat de cette réforme est un nouvel Hotel España de 82 chambres et le restaurant Fonda España, dirigé par le célèbre chef basque vasco Martin Berasategui.

la Fonda España, qui se trouve dans la rue Sant Pau, aux numéros 9 et 11, et dont la décoration a été conçue et dirigée par l’architecte Lluís Domènech i Montaner. Dans l’ensemble de cette œuvre conçue avec une puissante inspiration et qui a une extrême beauté s’imposent évidemment l’abondance et le bon usage des ressources artistiques qui combinent sévérité et délicatesse, grandeur et habileté, ainsi que l’heureux génie qui a présidé au choix des matériaux, à l’agréable harmonie des couleurs, à la bonne disposition des lignes, à l’élégance des formes et, par dessus tout cela, le solide talent avec lequel a été réalisée une œuvre nouvelle sans recherche d’effets, ni exagérations, ni violences.»

C’est ainsi qu’est décrit dans l’Anuari Estadístic de l’Ajuntament de Barcelona de 1904 ce local, propriété des hôteliers Rius et Martí, qui a gagné le prix au meilleur établissement inauguré en 1903. Et c’est ainsi, avec quelques modifications, que nous pouvons le contempler et en profiter encore de nos jours.

L’information la plus ancienne que l’on ait pu trouver à ce jour sur la Fonda España semble indiquer la date de son inauguration. Il s’agit d’un avis du Diari de Barcelona, datant du 30 décembre 1858, informant que «le premier jour de l’anné 1859 s’ouvrira cet établissement entièrement rénové». À partir de 1863 la Fonda s’est élargie en annexant le rez-de-chaussée d’un immeuble voisin, que le propriétaire Josep Colomer a fait reconstruire. Entre cette date et 1903, il n’y a aucune mention qui atteste de travaux faits à l’intérieur de l’établissement.

C’est en 1903 que les héritiers de Josep Colomer, bien que les propriétaires aient déjà été Rius et Martí, ont chargé Domènech i Montaner de la décoration. Depuis lors, le lieu a toujours conservé la même fonction, tout en évoluant avec le temps de bar et fonda à restaurant et hôtel. Dans les années vingt, ce local était plus connu sous le nom d’Els toreros, parce que de nombreux matadors parmi les plus connus venaient s’y loger. Pendant la Guerre civile, il a été réquisitionné par la CNT pour en faire un hôpital. Beaucoup plus tard, en 1983, il est passé aux mains de la famille Tutusaus. Les nouveaux propriétaires ont récupéré la décoration qui, dans certaines parties, était cachée par des travaux plus modernes ou même, comme dans le cas de la cheminée d’albâtre, totalement recouverte de peinture noire. Depuis octubre 2004 le propriétaire de l’établissement est la société Hotelcon 96, SL.

Tout l’ensemble n’a cependant pas été conservé intact: la zone qui a le plus gravement souffert est la réception, bien que la porte de bois originale ait été conservée, et les réminiscences sont quasi inexistantes à l’intérieur. À gauche de la réception, se trouve la salle Arnau, qui a aussi subi de nombreuses mutilations au cours des années. Avant «salle de repos» et aujourd’hui bar-restaurant, la salle conserve cependant la splendide cheminée en albâtre (alimentée au gaz) modelée en 1901 par le sculpteur Eusebi Arnau et fabriquée par l’atelier du sculpteur Alfons Juyol i Bach. Cela vaut la peine de l’observer avec attention pour apprécier la richesse des sculptures représentant les divers âges de l’homme, avec des personnages féminins et un vieillard, la hotte couronnée par les armoiries de l’empereur Charles V d’Allemagne (aussi connu comme Charles I d’Espagne), avec la couronne impériale, l’aigle bicéphale, les colonnes d’Hercule et la Toison d’Or, ainsi que les emblèmes des royaumes de León, Castille, Navarre et Aragon au centre. Ces motifs se trouvent aussi dans la décoration de l’une des salles à manger; les évocations héraldiques sont caractéristiques de l’œuvre de Domènech i Montaner, qui en plus d’architecte, historien et politicien, était aussi un remarquable héraldiste.

Là où l’on peut trouver la décoration qui, à proprement parler, a mérité le prix de la mairie au meilleur établissement, c’est dans les deux salles à manger, qui conservent aujourd’hui leur fonction originale. En entrant tout droit depuis la rue et en passant la réception, on trouvera ce qui était auparavant la salle à manger des hôtes, aussi appelée «salon des sirènes», qui est surtout consacrée aujourd’hui aux banquets ou aux dîners de groupes. La première chose qui attire l’attention est le thème marin peint sur le mur: des sirènes (avec des jambes) et des poissons méditerranéens, le tout sur un fond de vagues en relief. Ces peintures ont souvent été attribuées au peintre Ramon Casas.

Sous les peintures, la partie inférieure du mur est revêtue d’une sorte d’entrelacs de larges bandes de bois, formant une sorte de quadrillage. Dans les espaces vides, on trouve à nouveau des armoiries de céramique vitrifiée représentant d’anciennes seigneuries aristocratiques. La salle est par ailleurs couverte d’une claire-voie à caissons qui laisse entrer subtilement la lumière naturelle.

La deuxième salle à manger, communiquant avec la précédente, à droite de la réception, était et est encore le restaurant public. On remarque ici aussi la partie inférieure des murs, dans ce cas faite de mosaïque et représentant à nouveau divers emblèmes, bien qu’en moindre quantité. Ce revêtement est aussi couronné par des porte-manteaux de bois, plus travaillés que dans l’autre salle à manger, où se combinent les motifs végétaux et floraux. Toutes les lumières que l’on peut voir dans cette salle à manger datent de l’époque du remodelage réalisé par Domènech i Montaner, y compris les appliques des murs et les lustres, qui à l’origine se trouvaient dans la salle Arnau.

Dans tous les salons on peut disposer d’un menu à un prix très accessible, aussi bien pour déjeuner que pour dîner, de cuisine pour l’essentiel catalane mais avec la flexibilité propre aux hôtels. Le restaurant est un espace ouvert à tous, aussi bien aux gens qui vivent ou travaillent dans le quartier qu’aux visiteurs logeant à l’hôtel. Alors que cela fait plus de cent ans que la décoration de la Fonda Espanya a été réalisée, on peut encore déjeuner ou dîner tout en profitant d’un environnement privilégié et en se sentant comme partie intégrante d’un ensemble créé par le grand maître du Modernisme, Domènech i Montaner, où il a démontré les énormes possibilités de dialogue entre la pierre, la peinture, la céramique, le verre, le fer et le bois.


Interventions de la Campagne Barcelona, posa't guapa (Barcelone, fais-toi belle)

Restauration des façades et de l’intérieur : Salon des Sirènes. 2011 - 2012


Horaires

Horaire de visite:
Du lundi au vendredi, à 12h15 et 16h30, et samedis à 17h.
Août: mardi à 12.15h et jeudi à 17h.
Jours fériés sur demande préalable.

Langues: catalan, castillan et anglais.

Durée: 40 min.

Départ: réception de l'Hôtel España (Sant Pau, 9-11, à côte du Liceu).



Plus d'informations

Tel.: (+34) 935 500 000
www.hotelespanya.com
eventos@hotelespanya.com
info@hotelespanya.com


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La Route du Modernisme de Barcelone est un itinéraire qui traverse la Barcelone de Gaudí, de Domènech i Montaner et de Puig i Cadafalch, qui ont fait de Barcelone, conjointement avec d’autres architectes, la capitale mondiale du Modernisme. Grâce à cet itinéraire, vous pourrez découvrir à fond des maisons surprenantes, d’impressionnants palais, le temple symbole de la ville ainsi qu’un immense hôpital, mais aussi des œuvres plus populaires et plus quotidiennes telles que des pharmacies, des commerces, des boutiques, des lampadaires ou des bancs, œuvres modernistes qui démontrent que le Modernisme s’est enraciné avec force à Barcelone et qu’il représente encore aujourd’hui un art vivant et vécu.

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